by Brian MartinJanuary 27, 2026
Cet article de blog est également disponible en Thai et Anglais.
Vous êtes un soldat ou un officier de police à qui l'on a demandé de contrôler et éventuellement de disperser une manifestation publique. On vous a dit que les manifestants menaçaient l’ordre public et la sécurité nationale. Cependant, lorsque vous les rencontrez, les choses ne sont pas si claires. Il y a des centaines, voire des milliers de personnes, et elles ne sont pas violentes. Elles disent se mobiliser pour défendre les valeurs de votre pays.
Plus tard, vous voyez quelques personnes jeter des pierres et briser des vitres. Représentent-elles le groupe en manifestation ? Cherchent-elles à vous provoquer pour que vous réagissiez violemment ?
Partout dans le monde, de plus en plus de mouvements populaires manifestent sans violence physique. Vous pourriez être amené à prendre rapidement des décisions sur place quant à la conduite à tenir, il est donc important de comprendre les actions de ces manifestants et pourquoi ils agissent ainsi. Here is some basic information that’s worth knowing (based on my recent Security & Defence Quarterly article, «Military-protester relations: Insights from nonviolence research»).
L’action non violente est un moyen par lequel les gens essaient de promouvoir le changement social, économique et politique. Il existe un large éventail de méthodes d'action non violente, notamment les rassemblements, les défilés, les grèves, les boycotts et les sit-ins. Ces méthodes n’impliquent ni la violence physique ni la menace de violence à l’encontre des opposants. L’action non violente est parfois utilisée seule, et parfois combinée avec d’autres méthodes pouvant amener au changement, comme les campagnes électorales, le système judiciaire et les négociations.
La résistance civile est utilisée par certains universitaires et activistes.
Le pouvoir citoyen est parfois utilisé par les journalistes.
Satyagraha est un terme de Gandhi, signifiant littéralement « la force de la vérité ».
L’action non violente est une forme d’action politique visant à exprimer des opinions et à exercer une pression. A titre d’exemple, les grèves et les boycotts peuvent exercer une force économique et parfois contraindre au changement. Cependant, l’idée est de respecter la dignité de l’adversaire en ne lui causant aucun préjudice physique et en ne le menaçant pas. Pour cette raison, la porte est ouverte au dialogue et à la négociation.
De plus, comme les personnes engagées dans l’action non violente exercent souvent leurs droits humains largement reconnus et ne représentent aucune menace physique, une attaque policière ou militaire contre des manifestants non violents peut être perçue comme injuste par des observateurs extérieurs. Quand cela se produit, il peut conduire à renforcer le soutien accru pour les manifestants, un procédé appelé « politique jiu-jitsu ».
En temps de guerre, chaque camp recourt à la force pour tenter de vaincre l'ennemi. Mais lorsqu'un camp n'exerce qu'une pression non violente, celui qui aura recours à la force pourra s’attendre à un retour de flamme.

(Image extraite de l’émission d'ABC Foreign Correspondent sur le massacre de Dili – Santa, accessible au public )
Le massacre de Dili
En 1991, des centaines de timorais de l’Est participèrent à une procession funéraire qui servait également de manifestation contre l’occupation indonésienne. A l’entrée du cimetière de Santa Cruz, les troupes indonésiennes, qui les avaient encerclés tout au long du parcours, ouvrirent le feu, tuant de nombreux Timorais de l’Est. Ce massacre fut observé par des journalistes occidentaux qui accompagnaient la marche, et qui ont immortalisé la scène avec des photos et des vidéos. Après le retour des journalistes dans leur pays, leur témoignage et un film réalisé à partir de ces images relancèrent le mouvement de solidarité internationale en soutien au mouvement pour l’indépendance du Timor oriental.
Le massacre se retourna contre le gouvernement indonésien. Plutôt que d'écraser le mouvement pour l'indépendance, cet évènement renforça le soutien international en faveur du mouvement et discrédita le gouvernement et l’armée indonésiens. Une décennie plus tard, le Timor oriental accéda à l’indépendance.
Pour revenir à l'exemple donné au début de cet article, il y a une manifestation et la plupart des participants sont pacifiques. Mais, certains des manifestants jettent des pierres sur la police, lancent des briques sur les vitrines des magasins, frappent les policiers ou même lancent des cocktails Molotov. Que se passe-t-il ?
Lorsque seulement quelques manifestants recourent à la violence, il y a plusieurs raisons possibles :

Des personnes non armées observent le passage d’un char soviétique lors de l’occupation de la Tchécoslovaquie en 1968 (Crédit : Wikipedia/František Dostál, CC BY-SA 4.0, non éditée). (Credit: Wikipedia/František Dostál, CC BY-SA 4.0, unedited).
Invasion de la Tchécoslovaquie
En 1968, le gouvernement soviétique ordonna l’invasion de la Tchécoslovaquie. Un demi-million de soldats du Pacte de Varsovie entrèrent dans le pays. Les troupes avaient été informées qu’elles étaient positionnées là pour stopper une prise de pouvoir capitaliste. Quand elles arrivèrent, il n’y avait aucune résistance armée. Au contraire, des jeunes civils tchécoslovaques protestèrent contre l’invasion. Ils essayèrent de parler aux soldats russes, leur disant qu’ils étaient aussi socialistes et soutenaient une version reformée du socialisme. De nombreux soldats envahisseurs devinrent alors « peu fiables » — ils remirent en question les ordres reçus — et furent mutés en dehors du pays.
Bien qu’un gouvernement fantoche fut finalement installé en Tchécoslovaquie, l’invasion fut désastreuse pour le gouvernement soviétique. Elle discrédita le socialisme d’Etat, causant des divisions au sein des partis communistes du monde entier. L'histoire donna raison aux soldats qui avaient remis en cause leurs ordres.
Dans ma prochaine publication, j’expliquerai ce que la police et les autres services de sécurité peuvent faire lorsqu’ils font face à des manifestants non violents.
Dans mon prochain article, je décrirai ce que la police et les autres forces de sécurité peuvent faire lorsqu'elles sont confrontées à des manifestants non violents.
Brian Martin is Emeritus Professor of Social Sciences at the University of Wollongong, Australia. He has been researching nonviolent action since the late 1970s, with a special interest in strategies for social movements and tactics against injustice. He is the author of 21 books and over 200 articles on nonviolence, dissent, scientific controversies, democracy, education and other topics.
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