by Brian MartinJanuary 28, 2026
Cet article de blog est également disponible en Thai et Anglais.
Dans ma première publication, j'ai décrit les zones d'ombre auxquelles sont confrontées de nombreuses forces de police et de sécurité lorsqu'elles interviennent pour encadrer une manifestation. Je souhaite ici poursuivre cette publication en fournissant quelques conseils sur ce que vous pouvez faire. Le premier pas est assez simple : vous devez savoir ce qui se passe réellement.
Les commandants militaires et les chefs de police présument parfois, à tort, que les manifestants suivent des ordres ou qu’ils sont manipulés par des bailleurs de fonds dissimulés. Cependant, le plus souvent, personne n'a la responsabilité formelle de donner des ordres, car la participation aux mouvements non violents est volontaire et non rémunérée. La coordination sans chef officiel diffère considérablement de l'organisation des forces de l'ordre, et pourtant, ces mouvements parviennent à leurs fins. Les participants s'engagent volontairement dans des tâches telles qu’aider les malades et les blessés, fournir de la nourriture et des vêtements, et aménager une aire de repos pour les pauses.
Bien que certains mouvements non violents aient eu d’éminents leaders (Gandhi en Inde et Martin Luther King, Jr aux Etats Unis viennent à l’esprit), de nombreux mouvements privilégient une structure non hiérarchique. Ils souhaitent organiser leurs activités de manière à ce que chacun ait la possibilité de participer afin de maximiser l’inclusivité — principal avantage que les mouvements non violents ont par rapport aux milices qui excluent généralement les femmes, les enfants et les personnes âgées. Pour prendre des décisions, les mouvements non violents ont tendance à utiliser des processus de consensus permettant à tous, ou presque, de s'entendre.
Vous devez partir du principe que la plupart des manifestants sont là parce qu'ils croient en une cause, et non parce qu'on leur a demander d'agir.
Les autorités gouvernementales et militaires peuvent avoir leurs propres agendas et servir leurs intérêts personnels plutôt que ceux de la population. Les autorités gouvernementales et militaires peuvent aussi être mal informées sur ce qui se passe réellement, ou tenter délibérément de vous induire en erreur sur la nature de l’action non violente et sur les motivations des personnes qui manifestent.
Alors, que se passe-t-il réellement ?
Si vous pensez que vos ordres sont raisonnables, tant mieux. Mais que faire si vous pensez qu'on vous a ordonné de commettre un acte illégal ou contraire à l'éthique, comme blesser des manifestants pacifiques ?

Manifestation kurde contre l’intervention militaire turque, La Haye, Pays Bas, Octobre 2019. Crédit : The Left (CC BY-SA 2.0, non éditée).

Crédit photo : Des militaires de l'armée américaine se concertent près d'une fresque dégradée de Saddam Hussein au centre de détention central de Bagdad, anciennement la prison d'Abou Ghraib, à Bagdad, en Irak. ((SOUS-NORMES))
Quand les crimes de guerre sont révélés, qui est responsable ?
Si des incidents graves se produisent, qu'ils sont révélés et font l'objet d'une enquête, seuls les soldats du rang seront tenus pour responsables. Les autorités politiques et militaires ne sont presque jamais tenues responsables.
En 2004, un scandale concernant le traitement réservé aux prisonniers de la prison d’Abou Ghraib, en Irak, défraya la chronique internationale. Les prisonniers avaient été maltraités et torturés. Plusieurs militaires américains avaient été traduits en justice. Aucun commandant ou décideurs politiques n’avait fait face à la cour.
Et si vous sympathisez avec les manifestants et leurs objectifs ? Que pouvez-vous faire ? Il existe différentes options, chacune avec ses avantages et ses inconvénients.

Dans le célèbre roman The Good Soldier Sverjk, un soldat dans la Première Guerre mondiale a entravé les opérations en faisant semblant d’être extrêmement stupide Lorsqu'on lui a ordonné de porter une lettre à un autre commandant, il est revenu plus tard en tenant toujours la lettre. Lorsqu'on lui a demandé avec colère pourquoi, il a répondu : « Vous m'avez juste dit de prendre la lettre, pas de la lui donner. »
Les manifestants non violents cherchent à faire avancer leur cause sans nuire physiquement à quiconque.
Les mouvements non violents ont des désaccords internes. Parmi les manifestants, il y a parfois ceux qui recourent à la violence, bien que la majorité s’y oppose. Dans d’autres cas, ceux qui recourent à la violence sont des opportunistes qui participent à la manifestation à des fins personnelles ou des provocateurs qui essaient de saboter délibérément le mouvement.
Si vous attaquez les manifestants pacifiques, vous pourrez en fait renforcer le mouvement car beaucoup de personnes pensent qu’il est injuste d’utiliser la violence contre des civils.
Si vous voulez soutenir le mouvement, plusieurs options s'offrent à vous, en fonction de votre situation et votre tolérance au risque.
Brian Martin is Emeritus Professor of Social Sciences at the University of Wollongong, Australia. He has been researching nonviolent action since the late 1970s, with a special interest in strategies for social movements and tactics against injustice. He is the author of 21 books and over 200 articles on nonviolence, dissent, scientific controversies, democracy, education and other topics.
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